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Peut-on considérer que l'avortement est un meurtre ? Débat

C. Débat

1) Oui, c’est un meurtre

On tue une cellule, donc un être vivant.

Sur le plan scientifique : L’avortement est quelque chose de fortement déconseillé car il bouleverse le fonctionnement de l’organisme de la femme et peut donc être gravement dangereux pour sa santé. De plus, on sait que le bébé se débat lors de l’opération et qu’il manifeste donc sa peur. Certaines personnes pensent qu’il est donc vivant à ce moment. L’avortement constitue donc un meurtre car on tue un être humain. En effet, certains scientifiques affirment que la vie commence à la seconde même de la fécondation.

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Symboles religieux

Sur le plan religieux : L’apôtre Paul a écrit que l’esprit de l’homme lui est donné dans l’utérus et que l’esprit de Dieu va de pair avec celui des êtres humains, même dans l’utérus: « Qui donc, parmi les hommes, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu » (1 Corinthiens 2 :11). Les Ecritures racontent que, parfois, Dieu choisit des êtres, encore fœtus, afin d’accomplir une tâche particulière qu’il leur aura choisi. Dieu considère donc le fœtus comme son enfant, avant même qu’il soit né. Certaines lois de Dieu données à la nation d’Israël parlent des enfants avant leur naissance : dans Exode 21 :22-23, Dieu décrète : « Si des hommes se querellent, et qu’ils heurtent une femme enceinte, et la fassent accoucher, sans autre accident, ils seront punis d’une amende imposée par le mari de la femme, et qu’ils paieront devant des juges. Mais s’il y a un accident, tu donneras vie pour vie, œil pour œil ».

Ainsi, si suite à cette naissance prématurée l’enfant ou la mère venaient à mourir, le responsable doit donner sa vie en « contrepartie ».

Selon les écritures Bibliques, le fœtus est déjà un être humain. L’avortement est donc un crime car on tue le plus innocent des hommes: un être humain fragile et sans défense. Cet être humain est en effet dépendant de la volonté de celle qui le porte et qui devrait l’aimer, cependant, c’est souvent la mère qui demande l’avortement et donc la mort du fœtus. Cela est considéré comme un acte immoral. La religion chrétienne parle même de condamnation à mort. L’Eglise s’oppose donc fortement à l’avortement et ce depuis toujours.

Les Bouddhistes sont du même avis et pensent que tuer est le premier acte négatif. L’avortement représente pour eux la suppression d’une vie. L’embryon devrait être protégé comme une personne humaine. 

De même, la Torah  précise qu’ « Il n'y aura dans ton pays ni femme qui avorte, ni femme stérile. » (Exode 23;26)

Sur le plan psychologique : La grande majorité des femmes ayant subi un avortement se sentent par la suite responsable d’un meurtre car elles ne considèrent pas l’être qui se trouve dans leur ventre comme un simple embryon mais réellement comme un enfant, un être humain.

L’avortement est à l’origine d’une souffrance pouvant affecter la femme dans son avenir de mère.

 

2) Non, ce n'est pas un meurtre

 Sur le plan scientifique : Le fœtus n’est pas encore humain avant la date limite de l’avortement fixée à 12 semaines. Or, la notion de meurtre ne s’applique officiellement (selon le code pénal) que pour les êtres humains. Le fœtus est considéré comme appartenant à l’espèce humaine à la 17éme semaine (cf ci-avant). De plus, les organes vitaux ne sont même pas encore tous formés et le fœtus n’est viable qu’à partir de la 20ème semaine de grossesse (il est en mesure de respirer de façon autonome). De plus, le délai de 12 semaine est un délai limite, 80% des IVG sont pratiqués avant 8 semaines, le fœtus est donc à cette période encore moins évolué. L’avortement n’est donc pas un crime car il ne « tue » qu’une cellule encore peut évoluée et bien loin d’avoir acquis les caractéristiques de l’espèce humaine selon certains scientifiques.

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Sur le plan religieux : Les Chrétiens pensent que le fœtus possède une âme dès sa conception, la fécondation, ce qui leur fait dire que l’avortement est un crime. En effet, jusqu'en 1869, l'Eglise voyait l'âme arriver dans les fœtus de garçon au 40e jour et de fille au 90e jour. Or, ceci n’a jamais été prouvé et est une croyance fausse. Le fœtus ne possède pas d’âme et n’est donc pas encore associé à l’espèce humaine.

Les Protestants pensent, quant à eux, que l’enfant n’existe que s’il est aimé par ses parents. L’avortement n’est donc pas condamnable s’il s’agit d’un enfant non désiré.

Dans la religion Musulmane « on peut conclure que la réalité de la personne humaine se situe dans l’embryon dans la première semaine du quatrième mois soit au centième jour de la grossesse » (Dr Fakher Ben Hamida). L’avortement à 12 semaines, soit 84 jours, ne serait donc pas un meurtre.
Penser que l’avortement est un meurtre est un pensée religieuse car l’enfant est un don de Dieu qu’il faut chérir. Le tuer est donc pour des croyants un crime abominable. Croire cela n’est pas punissable et fait partie de la liberté de penser que chacun possède, cependant, personne ne peut imposer cette idée à tous car elle résulte d’un culte et d’une façon de penser propre à chacun d’entre nous.

Sur le plan social : L’avortement n’est pas un moyen de contraception. Cependant, il permet à une femme enceinte de mettre un terme à une grossesse non désirée pour des raisons de santé ou encore des raisons sociales. En effet, une IVG est une bonne chose pour une femme trop jeune ou pas encore prête à assumer les responsabilités que représente l’éducation d’un enfant. Il est préférable dans certain cas d’effectuer un avortement, plutôt que d’élever un enfant dans de mauvaises conditions.L’avortement est donc une pratique positive permettant de réparer certains « accidents » qui pourraient bouleverser et troubler la vie d’une femme. L’avortement n’est donc pas un crime mais un droit de la femme.

Sur le plan démographique : L’avortement peut être considéré comme utile en terme de régulation de la population. En effet, il permet de réguler dans une certaine mesure la population mondiale qui ne cesse d’augmenter et que l’on peine à nourrir. De plus, on remarque que les endroits où l’avortement est le plus pratiqué sont des pays pauvres (en Afrique par exemple, avec 400 avortements pour 100 naissances contre 15 avortements pour 100 naissances en Belgique) où les moyens de contraception sont trop couteux pour les populations. Cela évite que des couples aient à élever des enfants sans en avoir les moyens, ce qui augmenterait la pauvreté dans le monde.

Sur le plan juridique : En matière de droit, la loi définit l’être humain en tant qu’individu et en tant que membre appartenant à l’espèce humaine. L’embryon est considéré comme un « être humain en devenir » ou « être humain potentiel ». Le commencement de la vie est donc situé juridiquement parlant à la naissance. La loi est donc claire et indique que le fœtus n’étant pas considéré comme appartenant à l’espèce humaine selon sa définition de l’être humain, l’avortement n’est donc pas un meurtre.

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